Maxence Baruffaldi, chef exécutif du Campus de Groisy, porte désormais les couleurs de la France dans la plus grande compétition culinaire du monde. Ce Toulonnais, étoilé au sens propre comme au figuré, s’apprête à vivre un rendez-vous historique à Lyon en janvier 2027. Rencontre avec un cuisinier qui n’a jamais oublié ses racines.
Maxence Baruffaldi : un Toulonnais au parcours exemplaire
Né au Mourillon, ce quartier emblématique de Toulon, Maxence Baruffaldi a gravi les échelons avec une détermination rare. Rien ne le prédestinait à la haute gastronomie : dans sa famille, personne n’avait jamais travaillé en cuisine. C’est auprès de sa grand-mère, toujours installée au Mourillon, qu’il découvre l’amour des bons produits et des repas partagés.
Après le lycée hôtelier Saint-Louis (aujourd’hui lycée Anne-Sophie Pic), il enchaîne les expériences dans les plus grandes maisons : le Petit Nice de Gérald Passédat à Marseille, la maison de Paul Bocuse à Collonges-au-Mont-d’Or, puis Londres avec Éric Frechon, et enfin la Haute-Savoie chez Marc Veyrat. Un parcours qui forge un chef complet, à l’aise dans tous les registres de la gastronomie française.
Le chichi frégi, sa Madeleine de Proust
Le chichi frégi, cette pâtisserie provençale dorée et saupoudrée de sucre, reste gravé dans sa mémoire. « C’est ma Madeleine de Proust. Chaque fois que je descendais à Toulon, j’achetais une couronne », confie-t-il. Ce souvenir d’enfance illustre parfaitement son attachement à sa ville natale et aux produits de son territoire.
Malgré huit ans passés en Haute-Savoie, Maxence Baruffaldi continue de travailler avec des producteurs varois, comme la maison Giol à Tamaris. « Je le fais vraiment par amour du produit », assure-t-il. Cette fidélité est un véritable leitmotiv : « Ne jamais oublier d’où je viens. »
La préparation intense d’un chef pour la finale mondiale
Le 21 octobre 2025, Maxence Baruffaldi remportait la sélection française du Bocuse d’Or à Paris. Le 15 mars 2026, il se classait cinquième de la sélection européenne à Marseille, face à 20 pays. Un résultat qui lui offre son billet pour la grande finale de janvier 2027 à Lyon.
Car le Bocuse d’Or n’est pas une simple compétition de cuisine. C’est un marathon de 5 heures 30, avec une heure de mise en place et une heure de pesée. Le chef doit être prêt physiquement et mentalement. « Vous avez un coach physique, un coach mental », explique-t-il. « Le but, c’est se préparer à l’inconnu. »
Une compétition avant tout collective
Maxence Baruffaldi insiste sur un point : « On parle toujours du candidat, mais il n’est rien sans son équipe. » Autour de lui, plusieurs chefs français participent aux entraînements, aux dégustations et aux réflexions. La Team France, habituée aux concours, l’accompagne dans chaque étape de cette préparation hors normes.
Pour lui, la remise en question est essentielle : « L’humain aime être dans ses zones de confort. Mais il faut comprendre, écouter ses pairs. » Cette humilité, alliée à une détermination sans faille, fait de lui un candidat redoutable pour la finale lyonnaise.
Les dates clés du parcours de Maxence Baruffaldi
Voici les grandes étapes qui ont mené le Toulonnais jusqu’à la finale mondiale :
- 🗓️ 21 octobre 2025 : victoire à la sélection française du Bocuse d’Or à Paris
- 🗓️ 15 mars 2026 : 5e place à la sélection européenne à Marseille
- 🗓️ Janvier 2027 : finale mondiale du Bocuse d’Or à Lyon
- 🗓️ Mars 2027 : ouverture prévue de son restaurant à Genève
Chaque étape a été franchi avec la même envie : porter haut les couleurs de la France et faire honneur à la gastronomie française.
Après le Bocuse d’Or : un restaurant à Genève
Même si toute son attention est tournée vers la finale, Maxence Baruffaldi pense déjà à l’après. Avec sa femme, il prépare l’ouverture d’un restaurant à Genève, prévue en mars 2027. « On veut de la singularité et mettre en avant le terroir », annonce-t-il.
Une cuisine simple, faite de produits d’exception : « Je n’ai pas une cuisine compliquée. J’ai une cuisine faite d’hommes et de femmes qui font les plus beaux produits. » Une philosophie qui devrait séduire les gourmets genevois.
Un message pour la jeune génération
Le Toulonnais a un conseil pour ceux qui débutent en cuisine : « Rien n’est impossible. Qu’ils aient confiance en eux et qu’ils aillent au bout de leurs rêves. » Il ajoute une règle simple : « Tout est à la portée de tout le monde si vous avez réellement l’envie. »
Son parcours, du Mourillon aux plus grandes tables étoilées, est la preuve vivante que la détermination peut tout accomplir. En janvier 2027, devant des millions de téléspectateurs, Maxence Baruffaldi portera bien plus que des couleurs : il portera l’âme de toute une région et l’exigence de la cuisine française.

Journaliste spécialisée en grande distribution depuis dix ans, fondatrice de Mes Courses, animatrice d’ateliers batch cooking en Bourgogne. Teste, compare, refuse les partenariats déguisés.